S.P.A.C.

Sculpture

Publique

d'Aide

Culturelle

 


Photo © Jean Claude Dessart


S.P.A.C.
Sculpture Publique d’Aide Culturelle
Intégration à l’Ilot Saint-Georges
acier
diam. : 7 m.
Date de création : Mars 2002

www.spac.be

Poursuivant ses recherches antérieures sur une sculpture à fort impact visuel et social, Alain De Clerck développe pour l’an 2000 l’idée d’un immense tube en fer cintré produisant une flamme, symbole de Liège à la veille d’un nouveau millénaire. Toutefois, c’est deux ans plus tard, dans le cadre de l’exposition Bonjour ! initiée par les pouvoirs provinciaux que ce projet, sponsorisé par l’Association liégeoise du Gaz, est concrétisé dans des dimensions réduites (les premières études techniques prévoyaient une hauteur de vingt-cinq mètres).


Toujours capital pour la réception de l’art public, le choix de l’emplacement de l’œuvre se heurte d’abord à des problèmes d’inadéquation entre les impératifs techniques, les contraintes architecturales et la nécessité de visibilité. Après avoir évoqué la Place du Marché et la dalle de l’îlot Saint-Georges (malheureusement peu fréquentée), le trottoir de Féronstrée est finalement retenu. Placé idéalement en bordure d’une rue commerçante entre l’Echevinat de la Culture et le Musée de l’Art wallon, un arc de cercle de 6 mètres de hauteur s’élance donc puissamment vers le sol en déviant légèrement de la verticale.
Simple et monumental, ce geste plastique ne constitue cependant que l’ossature d’une pièce pour laquelle l’intervention du public est primordiale. En effet, glisser de la monnaie dans l’horodateur situé à proximité permet d’allumer une flamme au sommet de la sculpture pendant une minute. Economie d’énergie et dynamique participative se combinent ainsi dans une approche récréative.

De plus, l’argent récolté (déjà plus de 1250 € en un an) est entièrement réinvesti dans le soutien aux artistes puisqu’il sert à acquérir des œuvres de jeunes créateurs destinées à enrichir les collections des musées liégeois.
Le titre de l’œuvre, S.P.A.C. (Sculpture Publique d’Aide Culturelle), alimente avec ironie la polémique sur les difficultés financières de Liège et sur le statut souvent précaire de l’artiste. Mais, en proposant une solution citoyenne, innovante et ludique, Alain De Clerck est parvenu à fédérer les efforts publics et privés. Un an après sa première présentation à l’exposition Bonjour !, les difficultés liées à un dispositif complexe régulant l’arrivée du gaz sont en voie d’être résolues, une soirée Horodaton organisée par l’artiste ayant permis de rassembler les derniers fonds nécessaires. Cependant, la problématique de l’acquisition de l’œuvre reste toujours d’actualité.

Julie Hanique pour Art&Fact (août 2003)

Notice biographique

Né en 1967, Alain De Clerck pratique la sculpture en autodidacte depuis 1990. Sa Roue de feu, dont les qualités techniques n’ont cessé de s’améliorer au cours des années, est régulièrement réclamée pour des démonstrations lors d’événements culturels. Ce contact avec le public, via une action menée dans un contexte, est essentiel pour ce plasticien qui considère le monde comme sa véritable matière première et se qualifie d’artiste « In Cité ». Ses dernières recherches, qui mettent en œuvre des flammes dont l’intensité varie en fonction du respect des Droits de l’Homme et des drapeaux nationaux flottant verticalement, s’inscrivent à nouveau dans une démarche visant à améliorer la qualité de vie de chacun.


Alain De Clerck

Rue Lamarck, 12

Liège 4000

Tel: 04 22 80 680

Gsm: 0497 99 44 35

alain.de.clerck@club.worldonline.be

Roue de feu >>>>

Drapeau CEE >>>

Porte de la Paix >>>


Photo © Jean Claude Dessart

 

Texte remanié d’après une lettre adressée à Lino Poligato du Magazine d’art Fluxnews datant de début avril 2003:

C'est depuis le 21 mars 2003, que la pièce à été installée, à l'occasion de l'expo "Bonjour" organisée par « les Brasseurs, Art Contemporain » sur l’initiative de la province de Liège. L'A.L.G. a accepté de me sponsoriser rendant possible la réalisation de la sculpture et de ses annexes techniques (fondations, raccordement au gaz, travaux de terrassement et installation du poste de commande dans la cave de l'échevinat) . Il manquait cependant l'argent pour l'achat de l'horodateur. La ville m'en a prêté un mais de manière provisoire. Un an plus tard, cette situation n'a pas pu être débloquée bien que j'ai tout essayé: le marchand d'horodateur, la ville, le fond de la banque Triodos,...

J'ai fortement insisté pour que ce soit un horodateur et non pas une borne comme on me le suggérait, cela me plaisais que dans la ville de Liège avec tous ses horodateurs, il y en ait un qui soit destiné à une espèce de taxe culturelle. Or, tant que je n'ai pas mon propre horodateur je ne peux pas finaliser la pièce car, il faut personnaliser l'horodateur par un logo S.P.A.C., y apposer un explicatif de fonctionnement et surtout rappeler la destination de l'argent qui active le processus ( tout cela en plusieurs langues).

Il a fallut dix mois pour que l'on accepte enfin de placer l'horodateur où je voulais qu'il soit pour un meilleur fonctionnement, une anecdote: un personne qui met une pièce en croyant que c'est un vrai et puis qui shoote dans l'appareil après avoir attendu son ticket et n'ayant pas remarqué l'allumage de la flamme. Je viens aussi d'obtenir que les services de la ville fassent une tranchée pour passer un simple câble électrique de la cave ( poste de commande) jusqu'à l'horodateur ce qui permettra d'éviter les pannes répétitives dues à un système radio parfois déficient.

La ville de Liège n'a pas d'argent à destiner à la culture c'est d'ailleurs là le sens de mon intervention, S.P.A.C., Sculpture Publique d'Aide Culturelle, est en quelque sorte le C.P.A.S. de la culture liégeoise, il est donc normal que la ville n'ai pas d'argent sinon pas besoin de C.P.A.S., c'est comme si j'étais rentré à l'intérieur de ma propre pièce.

Après un an d'efforts nourris et de refus successifs subis pour trouver une solution à l'achat de l'horodateur , j'ai décidé de récolter moi-même les fonds (2500 euros) en organisant une soirée Horodathon, à la caserne Fonck prêtée pour l'occasion par leFestival de Liège ... Serais-je le nouveau sponsor culturel de la ville de Liège ?

La flamme, à ce jour, a fonctionné environ 2000 fois ce qui fait une moyenne de six fois par jour ce que je trouve pas mal vu que l'horodateur n'était pas en place ni bien fini au niveau de l'explicatif et de sa signalisation, a rapporté environ 1500 euros, pas si mal non plus sachant que le budget de fonctionnement du Musée d’Art Moderne et d’Art contemporain ne serait plus que de 2000 euros.

J'ai proposé à la cellule d'art urbain de la ville de faire une « S.P.A.C. collection » au M.A.M.A.C. et, c'est sans hésitation que j'ai obtenu son approbation. J'ai déjà pris une option sur trois oeuvres d'artistes de Liège (pour l'instant) une oeuvre de Bruno Le Boulengé, une de Eric Delmotte alias Messieurs Delmotte et une de Jean Marie Gheerardijn et ce pour un prix variant entre 300 et 400 euros l’œuvre. Option parce que la cellule n'accepte pas que j'achète les oeuvres tant que l'achat de l'horodateur n'est pas résolu, c'est pour cela que j'ai décidé de produire le fric par la soirée puisque la situation restait bloquée et que le public ne connaissait toujours pas la destination de l'argent...

La cellule était prête à un moment à prendre l'argent de la recette pour payer l'horodateur mais j’ai refusé catégoriquement. Le musée du Sart-Tilman m'avancera les sous pour que je puisse commander l'horodateur, il y a un délai d'un mois, je rembourserai si la soirée est une réussite. J’ai aussi fait une demande officielle à l’A.S.B.L. « les Musées de Liège » en la personne de son Président Monsieur Hector Magotte, j’ai reçu pour l’instant une lettre à connotation négative, mais notre échevin de la Culture me demande d’attendre la réunion du prochain conseil d’administration qui sera saisit de ma demande. J’attends cette décision avec impatiente.

Après plus d'une année passée à me démener, j'ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes sinon j'allais devenir dingue, la situation pourrissait et je me morfondais, je pourrissais mentalement, je voudrais vraiment finir la pièce. Pour l'instant, n’étant pas finie, elle ne fait pas professionnel, en plus quand elle tombait en panne, la pièce était absorbée alors que la flamme ne s'enclenchait pas, j'ai eu des réflexions sympathiques du genre: c'est une arnaque ton truc. Moi qui invente une solution pour produire de l'argent pour redistribuer aux artistes et enrichir le domaine public, ça fait plaisir tu peux pas savoir, ça me portait préjudice.

En plus tant que la sculpture n'est pas installée de façon optimale, elle ne prend pas toute sa dimension et la recette est moindre. Tant que la pièce n'est pas finie c'est comme si l'accouchement n'était pas fini et je ne peux donc pas partir sur la production d'une autre installation...

La cellule d'art urbain propose que je ne décide pas tout seul et de s'inclure dans les choix, je suis d'accord et en même temps pas d'accord, je n'ai pas encore arrêté ma décision. Le débat se poursuit car au départ, j'avais pensé que chaque fois les trois derniers artistes achetés par la collection choisiraient de manière collégiale le suivant et ce en accord avec moi et le représentant officiel de la cellule, tout cela est à décider en bonne entente avec les différents intervenants, on verra...

La Bonne nouvelle de printemps, c’est que le député Paul-Emile Mottard, inducteur de l’Exposition « Bonjour » vient de me proposer que la Province de Liège organise tous les 21 mars une présentation de la « S.P.A.C. collection » et de ses nouvelles acquisitions de l’année écoulée. Le processus de ma collection est enfin enclenché.

J'aimerais proposer ma S.P.A.C. dans un diamètre plus grand dans une ville comme Paris. Avec René Greisch nous avions déjà fait les calculs à son bureau d'études du Sart-Tilman, pour la réalisation d' une structure de 25 mètres de haut. Dans une ville "riche", l'argent n'étant pas nécessaire à financer l'art, il pourrait être envoyé dans une ville du tiers monde pour y faire par exemple une petite bibliothèque, cela pourrait être le symbole du mouvement Attac, je suis sympathisant de la cellule liégeoise, je vais essayer de rentrer en contact avec les fondateurs du mouvement à Paris.

Si j'y arrive, je serais en accord avec ma définition de l'art "In Cité" qui prend le monde dans sa globalité comme matière à sculpter, et essayer d'avoir une incidence sur la réalité. "Si tout était à refaire, je commencerais par la culture". Jean Monnet.

Alain De Clerck